Le Parti démocrate se présente comme le seul interlocuteur américain légitime pour l’Europe.

L’opposition démocrate aux agissements de Trump semble garder le silence. On ignore si le parti traverse une crise interne majeure, suite à une défaite aux répercussions internationales due à une mauvaise gestion de campagne, ou si ce silence est une stratégie délibérée pour exposer l’incompétence et la mesquinerie du président et de ses ministres. Ce silence a toutefois été rompu sur la scène internationale, lors de la récente Conférence de Munich sur la sécurité, avec l’intention manifeste de rassurer les dirigeants européens. Ces assurances restent toutefois hypothétiques, car elles reposent sur une victoire souhaitable, mais non acquise, lors des prochaines élections présidentielles américaines. L’objectif principal semble avoir été de dénoncer la trahison du président américain envers ses alliés européens, une tentative claire d’imposer le Parti démocrate comme le seul interlocuteur sérieux des États-Unis auprès des gouvernements occidentaux. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, s’est notamment présenté comme le chef de l’opposition et un candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2028. Selon lui, Trump n’est qu’un homme de passage et quittera ses fonctions dans trois ans. Selon la législation actuelle, ce sera le cas si Trump ne modifie pas les règles en vigueur. Cependant, avec une confirmation républicaine, le vice-président actuel, Vance, entrerait en fonction et pourrait se révéler encore pire, si cela est possible, que l’actuel occupant de la Maison Blanche. Or, même en cas de victoire démocrate, l’Europe ne doit pas se trouver de prétexte pour renoncer à son autonomie. Il est important de rappeler que, bien que de différentes manières, sous Obama comme sous Biden, les États-Unis ont recentré leurs efforts sur l’océan Pacifique, identifiant la Chine comme leur principal rival commercial et géopolitique. Avec Trump, la nature des relations avec l’Europe a changé, marquée par une arrogance sans précédent, mais les objectifs géostratégiques sont identiques à ceux des démocrates. L’Union européenne doit prendre des précautions à tout prix, ne faisant plus confiance à son allié américain, surtout en matière de défense. L’un des « succès » de Trump a précisément été d’accélérer ce processus et de reconnaître que les valeurs du slogan « Make America Great Again » ne correspondent pas aux idéaux fondateurs de l’Union européenne. Mais la relation avec l’Europe, déjà mise à mal par l’affaire du Groenland et les droits de douane, n’est pas le seul point soulevé par les Démocrates : abandonner la lutte contre l’urgence climatique et privilégier la consommation d’énergie issue du pétrole, du gaz et du charbon fait reculer les États-Unis de deux siècles. Ce comportement est particulièrement impopulaire en Europe, de plus en plus sensible au problème de la pollution. La montée des inégalités économiques pousse également les États-Unis vers un autoritarisme galopant, ce qui ne rassure guère leurs partenaires européens. Présenter ces arguments aux pays de l’UE est une étape importante pour renforcer la position des Démocrates auprès des gouvernements occidentaux. Ce qui n’est pas insurmontable : les effets des politiques de Trump ont engendré une grande instabilité dans les relations internationales, qu’il faudra corriger s’il remporte l’élection présidentielle. Cette tendance inverse pourrait se manifester lors des élections de mi-mandat, minant la confiance de Trump. Quoi qu’il en soit, la nécessité pour les Démocrates de se présenter comme des interlocuteurs fiables sert également à rassurer les marchés et à établir dès maintenant des bases fondamentalement différentes avec leurs alliés européens : une opportunité que tous les États membres de l’UE devraient saisir.

Élections hongroises : une victoire d’Orbán obligerait l’Union européenne à prendre des mesures drastiques concernant la Hongrie.

À deux mois des élections hongroises, le Premier ministre sortant, Viktor Orbán, doit se rendre à l’évidence : les sondages indépendants prévoient sa défaite face à son principal rival, Peter Magyar. Les derniers sondages affichent un écart de dix points de pourcentage, ce qui bouleverserait l’actuel équilibre des pouvoirs au Parlement hongrois, où le parti du Premier ministre bénéficie actuellement d’une majorité qualifiée des deux tiers. Ce résultat est contredit par les sondages d’institutions proches du gouvernement, qui, au contraire, donnent le parti du Premier ministre en tête avec six points d’avance. Le scrutin est fixé au 12 avril, et le moment est venu pour Orbán de réaffirmer les points clés de son programme électoral, n’hésitant pas à exagérer certains concepts qu’il juge essentiels à sa victoire. Tandis que son adversaire promet un renforcement de l’adhésion à l’Union européenne et une lutte acharnée contre la corruption, Orbán va jusqu’à affirmer que la véritable menace pour la Hongrie n’est pas la Russie, mais l’Union européenne elle-même, dont elle s’obstine à rester membre et dont les fonds alimentent une économie qu’elle exploite sans scrupules. En effet, le Premier ministre hongrois, malgré ses attaques répétées contre Bruxelles, n’a jamais clairement exprimé son désir de quitter l’Union. Cependant, il n’a pas manqué, même lors de récents rassemblements, de qualifier l’Union européenne de machine oppressive pour son pays, qui, de fait, aurait trop toléré les lois illibérales promulguées durant ses cinq mandats, dont les quatre derniers consécutifs. En réalité, les condamnations par Bruxelles des lois illibérales, notamment dans les domaines de la justice, des droits civiques et de l’information, ont toujours été insuffisantes et n’ont induit aucun changement de cap, contrevenant ainsi à la législation européenne elle-même. La Hongrie demeure l’État membre de l’UE le plus proche de la Russie et le plus hostile à l’Ukraine, et particulièrement proche des positions idéologiques du président américain Trump, d’autant plus que la chancelière allemande a récemment déclaré que l’Europe était en totale contradiction avec les idéaux du mouvement « Make America Great Again ». Dans ce rôle d’opposition interne aux idéaux européens, Budapest peut compter sur la Slovaquie et, plus généralement, sur les partis souverainistes présents à travers l’Europe, qui restent toutefois minoritaires face aux sentiments pro-européens. L’impression générale est que Bruxelles attend l’issue des élections hongroises, sans trop se dévoiler, espérant une victoire des adversaires d’Orbán, qui promettent une intégration européenne plus poussée. Si le Premier ministre actuel l’emporte, des sanctions contre Budapest seront nécessaires, pouvant même mener à une exclusion de l’Union, même si cela impliquerait de modifier la législation en vigueur. Cette éventualité requiert une procédure longue et, dans l’intervalle, la fermeté de Bruxelles pourrait se traduire par une réduction progressive des financements et une diminution de l’importance de la Hongrie au sein de l’Union. Par ailleurs, les programmes visant à accélérer les décisions ne peuvent que faciliter les décisions et les sanctions sévères contre les États membres qui s’éloignent trop des objectifs de l’Union, se contentant d’exploiter ses fonds sans contribuer au développement commun. Une Europe qui doit trouver sa propre dimension d’autonomie, notamment vis-à-vis des États-Unis, mais aussi de la Chine, et capable de contenir la Russie, ne peut tolérer la présence d’éléments perturbateurs tels que la Hongrie ou la Slovaquie actuelles. Une éventuelle victoire d’Orbán conduirait inévitablement à l’isolement de Budapest, et il importe peu qu’elle puisse ou non revenir dans l’orbite russe. Pour l’Europe, cela représentera un allègement considérable.

L’Union européenne doit se doter de son propre arsenal nucléaire.

La seconde présidence de Trump a mis en lumière une posture de défense qui relègue l’Europe au second plan. La survie même de l’Alliance atlantique, telle que nous la connaissions jusqu’à présent, est sérieusement compromise. Cette situation s’accompagne de menaces de droits de douane et de visées sur le Groenland, en totale contradiction avec les normes des relations entre Washington et ses alliés. Seul le traité START sur le nucléaire iranien maintenait un certain ordre en matière d’armement nucléaire. Une fois ce traité expiré, une période d’incertitude s’ouvre et l’Europe devra se doter de sa propre défense nucléaire. La Guerre froide garantissait la protection de toute l’Europe grâce aux États-Unis, mais la situation a changé : nous ne sommes plus dans un contexte bipolaire et, surtout, Trump ne semble pas disposé à utiliser la puissance nucléaire américaine pour défendre le vieux continent contre une éventuelle attaque russe. Le premier effet tangible sur la scène internationale est la fin de l’opposition historique de l’Allemagne à un bouclier nucléaire, non pas national, mais européen. D’autres pays européens, comme la Suède et la Pologne, et certainement les pays baltes, sont également ouverts à la possibilité d’un recours immédiat au bouclier nucléaire français. L’exemple ukrainien est révélateur. Lors de la dissolution de l’Union soviétique, Kiev était la deuxième puissance nucléaire mondiale, précisément du fait de sa proximité avec l’Europe. Ayant cédé l’ensemble de son arsenal nucléaire à la Russie en échange d’un traité de non-agression manifestement violé par Moscou, elle a perdu sa capacité de dissuasion face aux attaques du Kremlin. Pour l’Europe, la solution française et, peut-être, britannique ne représente qu’une mesure transitoire, qu’il convient de dépasser pour renforcer la défense du continent. Cela exige des investissements massifs et une volonté politique adéquate, tant au niveau national que régional, ainsi qu’un changement d’attitude au sein de la société. Habituer les populations non pas à un réarmement traditionnel, mais à l’armement nucléaire, ne fera qu’engendrer de fortes tensions. Se doter de l’arme nucléaire n’est pas chose instantanée ; cela requiert des années et une expertise technique dont l’Union européenne ne dispose peut-être pas. Dans l’immédiat, il est donc impossible d’être totalement indépendant des États-Unis, qu’il faut convaincre de poursuivre la défense européenne. Il est cependant essentiel de commencer dès maintenant à s’organiser pour se doter d’une force de dissuasion nucléaire. Cela contribuera certainement à instaurer un nouvel équilibre en matière de terrorisme, mais ne laissera pas l’Europe sans défense face aux menaces géopolitiques, d’où qu’elles viennent. De plus, bien que ce bouclier soit actuellement assuré par la France, Paris n’entend pas offrir cette protection gratuitement. Cela nécessite des investissements non seulement de la part de la République française, mais aussi du fait que la France conserve l’autorité exclusive de lancer une attaque nucléaire. Cependant, au-delà de ces limitations, qui peuvent même paraître légitimes, l’arsenal nucléaire français ne compte que 290 ogives nucléaires, ce qui constitue une protection limitée comparée aux plus de 4 300 ogives de la Russie et même aux 3 700 ogives des États-Unis. Or, si l’on considère les États potentiellement hostiles, outre les États-Unis, tels que la Russie, la Chine et la Corée du Nord, sans oublier des acteurs comme le Pakistan et l’Inde, qui pourraient avoir intérêt à menacer l’Europe, la nécessité d’un arsenal commun à l’Union européenne devient, malheureusement, urgente et ne peut être différée. L’Union européenne ne dispose actuellement que de peu ou pas de défense contre les menaces de toutes sortes et, ne pouvant plus compter sur la protection américaine, elle est extrêmement vulnérable. De nouveaux accords doivent être établis avec Washington afin de protéger l’Europe pendant la période limitée nécessaire pour devenir une puissance nucléaire à part entière.

Comment la Chine prépare son front intérieur pour relever les défis internationaux

Dans le climat actuel de profonde incertitude internationale, engendré par l’évolution des intentions américaines en matière de géopolitique mondiale, notamment la guerre en Europe et la grande instabilité au Moyen-Orient, la Chine entreprend une réorganisation interne visant à renforcer sa loyauté envers son président Xi Jinping, afin d’affirmer une position chinoise ferme capable d’accroître son poids sur la scène politique mondiale. La nécessité d’uniformiser les opinions des classes dirigeantes se traduit par une série de répressions internes, touchant des officiers supérieurs et des responsables du Parti à tous les niveaux hiérarchiques. Les enquêtes visant des militaires chinois sont monnaie courante en République populaire de Chine et reposent sur des accusations de violations disciplinaires ; en réalité, il s’agit toujours de cas d’insubordination aux directives du Parti, et les récents cas, notamment la destitution de deux généraux de haut rang, ne sont pas nouveaux : Xi Jinping exige une loyauté absolue pour éviter tout compromis avec les directives du Parti et les conséquences potentielles sur les méthodes de combat. Ces mesures ne doivent cependant pas nous faire oublier un possible impact négatif sur les forces armées chinoises. Il est certain qu’à long terme, et c’est un facteur déterminant dans une éventuelle invasion de Taïwan, les changements opérés à la tête de l’armée constituent un investissement dans un endoctrinement politique encore plus poussé et, par conséquent, dans la loyauté des forces armées. Il convient de rappeler que les investissements chinois dans l’armement sont de plus en plus importants : la marine a élaboré des plans d’expansion qui devraient porter le nombre de porte-avions de Pékin à neuf d’ici 2035, et son arsenal nucléaire atteindra au moins mille ogives d’ici 2030. Ces développements pourraient accentuer le désengagement américain du territoire européen, les États-Unis concentrant leurs efforts militaires sur les mers chinoises, la défense des voies maritimes, de Taïwan, de la Corée du Sud et du Japon. Si l’attitude sur le front militaire est particulièrement sévère, celle envers la société civile et politique ne l’est pas moins. En 2025, plus d’un million de personnes ont fait l’objet d’enquêtes, officiellement pour corruption, un phénomène encore trop présent dans le tissu politique chinois, mais qui a souvent dissimulé des malversations politiques, lesquelles doivent être interprétées avant tout comme des formes de dissidence à différents niveaux. Le nombre de personnes faisant l’objet d’une enquête en 2025 est le plus élevé depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, et l’augmentation de soixante pour cent par rapport à deux ans auparavant est particulièrement significative. Fait remarquable, la Chine ne connaît actuellement aucune lutte de pouvoir, mais ce nombre élevé de personnes faisant l’objet d’enquêtes est plutôt lié aux efforts de plus en plus inflexibles du Parti communiste pour maintenir une discipline de fer dans le pays. On ne peut s’empêcher de soupçonner qu’il s’agit d’une tactique fortement inspirée par le président et mise en œuvre par ses plus fidèles conseillers. L’impression générale est que Xi Jinping ne veut pas être pris au dépourvu sur le plan intérieur, cherchant à consolider sa position à l’intérieur du pays afin de pouvoir relever les défis internationaux sans difficulté. Il ne s’agit pas d’une simple possibilité, mais d’une certitude que l’Occident devra évaluer avec soin avant d’entamer toute relation avec la Chine, qui deviendra un bloc monolithique de plus en plus difficile à ébranler.

Pour l’Union européenne, ce sont les dernières chances d’éviter les scénarios de Trump.

Le contexte actuel contraint l’Europe à une profonde introspection sur son retard dans le paysage mondial, où l’écart entre les objectifs à atteindre et ceux déjà réalisés se creuse considérablement. Si la progression du commerce chinois constitue un phénomène préoccupant, malgré des mesures parfois efficaces mises en œuvre, le conflit ukrainien et surtout l’ascension de Trump ont entraîné une réduction progressive du rôle politique de l’Europe, y compris sur le plan économique. Ce phénomène, conjugué aux divisions politiques internes et à l’affaiblissement de son influence militaire, place l’Union européenne face à un risque sérieux de dissolution. Le facteur décisif réside dans l’évolution de la position des États-Unis, qui se positionnent comme un adversaire dont l’objectif principal est précisément la division de l’Union, afin d’éviter d’avoir affaire à une entité cohérente. D’abord la menace de droits de douane, puis l’hésitation face à la guerre en Ukraine, et enfin la menace explicite contre le territoire de l’Union, avec l’intention manifeste de conquérir le Groenland, peut-être même par la force. Force est de constater que l’attitude excessivement diplomatique et conciliante de l’Union à l’égard de Trump n’a produit aucun des effets escomptés. Au contraire, cela a alimenté une hostilité accrue de la part du président américain, du fait de l’impression, voire de la certitude, qu’il a affaire à un partenaire faible et divisé. C’est en partie vrai, et cela tient à la structure inflexible de l’Union, encore trop conditionnée par l’unanimité, et à l’absence de décisions et de lois capables de garantir un gouvernement apte à transcender les intérêts individuels au profit du bien commun. Pour ne pas froisser la Maison Blanche, le dialogue avec la Chine a également été sacrifié, de même que les relations avec Moscou, incapable de sanctionner sérieusement le Kremlin, notamment par le recours aux réserves russes en Europe, laissant ainsi l’Union en état de faiblesse. Mais la position de la Maison Blanche, qui est le pire facteur pour l’Union, était prévisible. Depuis la présidence d’Obama, les intérêts américains se sont de plus en plus concentrés sur l’Est, et la première présidence de Trump ainsi que la dernière campagne présidentielle avaient déjà inquiété les États-Unis quant à une possible nouvelle orientation de leur politique étrangère. Il n’y a eu aucune volonté de mettre en œuvre une autonomie permettant de s’émanciper, même au sein d’une alliance, de l’alliance avec les États-Unis. L’incapacité à développer une indépendance militaire, soutenue par une industrie de guerre européenne adéquate, perpétue la soumission actuelle à Washington. Sur le plan international, l’Union semble trop hésitante à nouer des alliances plus étroites avec des partenaires tout aussi désireux de s’affranchir du joug américain, tels que l’Australie, le Japon et la Corée du Sud. Il est tout aussi nécessaire de renouer des liens étroits avec le Royaume-Uni afin d’obtenir le retour de Londres au sein de l’Union, tout comme il est indispensable d’associer le Canada à Bruxelles pour étendre les frontières de l’Union outre-mer et à la frontière américaine. De telles alliances pourraient attirer des investissements capables de développer des industries de haute technologie, rendant ainsi l’indépendance vis-à-vis des États-Unis une réalité et permettant de contrer la volonté d’imposer des droits de douane sur ses produits, notamment grâce à l’immensité du territoire disponible pour créer des zones commerciales quasi imperméables à l’influence américaine, voire chinoise. L’élément indispensable en Europe pour progresser vers cette situation est sans aucun doute l’abandon progressif de la souveraineté, en particulier sur des questions cruciales telles que la politique étrangère, et donc militaire, ainsi que sur certains aspects de la politique industrielle des États membres. En contrepartie, cela permettrait de jouer un rôle de puissance majeure sur toutes les scènes internationales et de promouvoir les idéaux démocratiques en traitant d’égal à égal avec les grandes puissances, sans être confronté aux menaces et aux désavantages que l’avenir immédiat semble inévitablement réserver.

Les variables et les solutions pour la relance européenne

Quels défis l’Union européenne doit-elle relever pour maintenir le rôle qu’elle attend sur la scène internationale ? L’élection de Trump, la montée en puissance commerciale de la Chine et la guerre en Ukraine aux frontières de l’Union ont accentué ce que chacun savait déjà : le déclin progressif de son poids économique, son influence militaire déclinante et l’inadéquation d’une politique étrangère de plus en plus divisée. À cela s’ajoute la sous-estimation de la source des menaces qui pèsent sur l’Europe, Washington n’ayant jamais été considéré comme un adversaire politique visant à dissoudre l’ordre européen actuel. L’absence de progrès dans les relations avec la Chine, l’inaction concrète face à la Russie, notamment concernant l’utilisation des réserves de la Banque centrale russe en Europe, et enfin le manque de réponse décisive face à l’imposition de droits de douane américains, ont considérablement terni l’image de Bruxelles. Cette situation n’est cependant pas apparue soudainement : l’engagement direct des gouvernements américains dans la défense européenne, par le biais d’investissements et de personnel, n’a jusqu’à présent pas été remis en question, malgré les signaux d’alarme déjà présents sous la présidence d’Obama, qui avait déplacé les intérêts étrangers américains du Vieux Continent vers l’Asie du Sud-Est. Ceci est étroitement lié à l’absence d’une posture européenne capable de s’émanciper proactivement de son allié américain. D’où la nécessité de promouvoir des partenariats de protection, pouvant se traduire par des scénarios de prévention et de dissuasion, fondés également sur une coopération internationale renforcée, non seulement entre États ou entités supranationales, mais aussi entre entités privées jouant un rôle stratégique dans des secteurs bien définis. Des alliances, tant économiques que militaires, doivent être conçues et créées avec des alliés potentiels tels que l’Australie, la Corée du Sud, le Japon et, bien sûr, le Royaume-Uni. Le Canada mérite une analyse distincte : grâce à ses fortes affinités politiques et culturelles, il pourrait jouer un rôle clé dans un engagement accru avec l’Europe, allant même jusqu’à envisager l’adhésion d’Ottawa comme membre à part entière de l’Union européenne. Cela étendrait la sphère d’influence de Bruxelles jusqu’aux frontières américaines, précisément dans le but de contenir les États-Unis, si d’autres présidences similaires venaient à se succéder. Dans cette perspective, face à un G7 dominé par l’unilatéralisme de la Maison Blanche, qui en a quasiment fait un instrument politique, la recherche de solutions alternatives pourrait servir l’intérêt commun de tous les pays souhaitant contrer la concurrence américaine fondée sur des droits de douane inéquitables. La nécessité de réduire les dépendances stratégiques en matière de biens et de services s’accompagne de la capacité d’attirer des investissements permettant un développement significatif des secteurs stratégiques grâce à la création et au développement d’industries locales à forte valeur ajoutée, telles que l’aérospatiale, la défense et le secteur médical, capables d’offrir des rendements financiers adéquats aux investisseurs. La première étape consiste à améliorer les procédures de gouvernance, en abandonnant l’exigence d’unanimité pour les décisions à la majorité qualifiée et en assurant une sélection plus rigoureuse des nouveaux membres et des membres actuels, qui ne pourront influencer la politique communautaire avec des valeurs manifestement contraires aux principes fondateurs et aux nouveaux défis qui se présentent. L’objectif doit être une organisation supranationale avec un transfert progressif de souveraineté, capable de promouvoir une politique étrangère commune et de disposer d’une force armée unique dotée de capacités d’intervention rapide. Cette organisation évoluera progressivement vers une entité de plus en plus unifiée, capable de représenter les intérêts de tous les peuples d’Europe et d’ailleurs, et de jouer un rôle majeur sur la scène internationale.

Obstacles à la paix en Ukraine

Avec une cote de popularité en chute libre et les difficultés économiques qu’il s’impose lui-même en imposant des droits de douane, le président américain Trump doit impérativement redorer son image par des résultats politiques internationaux. L’objectif serait de parvenir à un accord sur la guerre en Ukraine, sinon à une paix définitive, du moins à une trêve initiale permettant de relancer les négociations. De nombreux signes d’optimisme se manifestent, des négociateurs américains eux-mêmes aux dirigeants finlandais et turcs, et même, dans une certaine mesure, au président hongrois. Cependant, l’ambassadeur de Russie au Royaume-Uni a déclaré qu’il n’y a pas de texte de paix avec Kiev, seulement la capitulation de l’Ukraine. Le plan convenu entre les États-Unis et l’Europe reprendrait près de 80 % des points présentés, avec la possibilité d’une levée de la loi martiale pour permettre la tenue d’élections. Le principal obstacle demeure néanmoins la volonté de la Russie de contrôler l’ensemble du Donbass. Pour Poutine, seule cette condition lui permettrait d’approcher au plus près la victoire, même sans conquête militaire. Cet objectif est inconciliable avec le sentiment général du peuple ukrainien qui, selon un récent sondage, 75 % s’oppose à un retrait du Donbass, territoire qu’il considère comme faisant partie intégrante de son territoire national. C’est sur ce fondement que Zelensky refuse de céder, même aux exigences américaines, pour lesquelles la cession du Donbass est la condition sine qua non d’un cessez-le-feu. Washington envisage une solution alternative : la démilitarisation du Donbass, sans présence de troupes russes ni ukrainiennes. Kiev n’accepterait ce modèle qu’avec le maintien d’une présence militaire étrangère dans le Donbass. Moscou rejette cette option, n’acceptant que la présence de sa propre police et de sa Garde nationale à la place de l’armée russe : une solution inacceptable pour Kiev. Autre point de désaccord : le gel de la ligne de front actuelle, proposé conjointement par l’Union européenne et l’Ukraine. Pour la Russie, encore trop en retard dans son expansion vers l’ouest, cette solution équivaudrait à un aveu de défaite. Malgré l’effort militaire massif et le nombre élevé de victimes – environ un million de soldats russes seraient touchés –, l’Armée rouge peine à progresser et avance lentement, tandis que les prévisions pour l’économie russe en 2026 évoquent ouvertement un possible effondrement. Se pose ensuite la question de la volonté de Kiev de se prémunir contre les conséquences d’un conflit, quelles que soient les circonstances. Pour l’Ukraine, la meilleure solution serait l’adhésion à l’Alliance atlantique, capable de prévenir toute nouvelle ambition de Moscou. Cependant, la Russie rejette catégoriquement cette solution, si bien que les Ukrainiens exigent l’adoption d’un mécanisme équivalent à l’article 5 de l’Alliance atlantique, même en dehors de celle-ci. Kiev a besoin de garanties concrètes, car son indépendance et sa souveraineté, signées par les États-Unis et la Russie en 1994, n’ont pas été respectées dans le Mémorandum de Budapest, tout comme l’accord stipulant que la Russie ne pourrait jamais envahir l’Ukraine n’a pas été respecté après la restitution par Kiev de toutes ses ogives nucléaires à Moscou suite à la dissolution de l’URSS. Se pose ensuite la question des avoirs russes en Europe qui, selon Bruxelles, devraient servir à la reconstruction de l’Ukraine, et que, inversement, les États-Unis souhaiteraient contrôler : le plan de l’UE prévoit que Kiev rejoigne Bruxelles en 2027, et ce fait, approuvé par la majorité des Ukrainiens, pourrait constituer un obstacle nécessaire mais difficile à accepter pour le Kremlin.

Gaza : les Nations Unies affirment qu’Israël est à l’origine de la famine et un rapport de l’armée israélienne indique que 83 % des victimes civiles sont des civils.

Deux faits sont apparus au premier plan du conflit actuel entre Israël et la population palestinienne de Gaza. Ce sont deux faits importants que l’opinion publique mondiale devrait prendre en compte et rechercher des réponses appropriées à l’égard de Tel-Aviv. Le premier est la déclaration officielle de famine dans la bande de Gaza par les Nations Unies, la première au Moyen-Orient, malgré son lourd passé de catastrophes militaires. Selon les Nations Unies, pas moins de 514 000 personnes, soit un quart de la population, sont confrontées à des pénuries alimentaires, et ce chiffre devrait atteindre 641 000 d’ici fin septembre. La famine à Gaza se distingue par le fait qu’elle n’est pas due à des facteurs météorologiques ou sanitaires, mais entièrement provoquée par l’homme, à savoir les actions de l’armée israélienne. Cette catastrophe humanitaire aurait pu être évitée si Tel-Aviv n’avait pas systématiquement bloqué l’aide humanitaire aux frontières de Gaza. L’action israélienne est d’autant plus grave qu’elle s’inscrit dans un plan précis visant à affaiblir les civils, la population palestinienne devant être éradiquée de la bande par tous les moyens. Le désir du gouvernement juif ultra-orthodoxe d’annexer Gaza est malheureusement partagé par une grande partie de l’opinion publique israélienne. Malgré la présence d’importantes cargaisons de nourriture à la frontière, le comportement d’Israël demeure inchangé. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme tient le gouvernement israélien pour directement responsable, qualifiant les morts par inanition de crimes de guerre d’homicide volontaire. Cette considération introduit un deuxième fait pertinent, qui concerne la question. Selon un rapport secret de l’armée israélienne, le nombre de victimes civiles de la guerre de Gaza s’élève à 83 % du total. Comme le montrent ces données, le faible nombre de victimes parmi les combattants suggère une planification délibérée du génocide palestinien, à tel point qu’il peut être comparé aux massacres du Rwanda et de Marioupol. La combinaison de la famine forcée et des décès dus aux activités militaires définit clairement les intentions de Netanyahou et de son gouvernement à l’égard des Palestiniens : anéantir le plus grand nombre possible d’entre eux afin de créer les conditions de leur expulsion de la bande de Gaza. De plus, un récent sondage a révélé que 79 % de la population israélienne soutient la répression aveugle de la population palestinienne, qu’elle considère comme un occupant abusif et indigne de la dignité humaine. Netanyahou, bien sûr, nie ces données, ou tout au plus les justifie en citant les actions du Hamas contre ses propres citoyens. Cependant, la mentalité du Premier ministre israélien reste la même : mentir sans vergogne et gagner du temps pour parvenir à ses fins, accusant constamment quiconque le contredit d’antisémite et rejetant toute interprétation différente de la sienne et de celle de son gouvernement. Quelles que soient les opinions politiques et les motivations évidentes d’Israël, l’absence de réponse à ces crimes perpétrés contre des civils innocents de tous âges restera une tache indélébile pour tous les pays du monde, et plus encore pour les démocraties occidentales, qui se sont révélées vides et absentes lorsqu’il s’agit de défendre le droit international et les populations sans défense contre les violences les plus abjectes, d’où qu’elles viennent. Ce n’est que récemment que les condamnations sont arrivées, pour leur propre bien, et même la reconnaissance de l’État palestinien, attendue en grand nombre lors de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, est un exercice dénué de conséquences pratiques. Israël doit être de plus en plus isolé, sa violence doit être contenue par tous les moyens, et le début de cette démarche passe par de lourdes sanctions qui doivent affecter une économie dépourvue de ressources propres. L’Europe doit au moins faire cela, en s’efforçant de susciter une réaction dans d’autres pays, notamment arabes. Certes, cela nécessitera une réaction de Trump, mais un blocus persistant capable d’isoler Tel-Aviv pourrait constituer un moyen de dissuasion tardif mais efficace.

La Chine et l’Inde se rapprochent grâce aux politiques de Trump

L’un des effets secondaires des droits de douane de Trump sur la politique étrangère est le rapprochement de nations traditionnellement éloignées. L’exemple le plus frappant est la nouvelle relation qui s’établit entre l’Inde et la Chine, deux pays traditionnellement adversaires. Les deux grandes nations asiatiques partagent des milliers de kilomètres de frontière, le long de laquelle des tensions sont apparues au fil du temps ; la question tibétaine a également contribué à ces frictions, et la proximité entre l’Inde et les États-Unis a alimenté la méfiance de la Chine à son égard. En réalité, le principal point de discorde a été la lutte des deux pays pour la domination du continent asiatique, que les progrès significatifs de la Chine ont fait pencher en sa faveur. C’était jusqu’à l’arrivée de Trump sur la scène internationale. Bien que les relations avec New Delhi aient été radicalement différentes pendant le premier mandat de la Maison-Blanche, l’Inde a, lors de son second mandat, affiché une plus grande neutralité sur les questions internationales que la position américaine. Le gouvernement indien a été mécontent de voir Trump s’attribuer le mérite de la fin du conflit entre l’Inde et le Pakistan, et enfin, de voir ses citoyens exposés menottés, tels de véritables trophées de la lutte contre l’immigration clandestine, pierre angulaire de la politique du président américain. Alors que ces questions avaient déjà tendu les relations entre les deux pays, la décision d’imposer des droits de douane de 50 % sur les exportations indiennes vers les États-Unis, en raison de l’achat de pétrole russe par l’Inde, a complètement gelé les relations. Cela a eu un effet certes indésirable, mais hautement prévisible, pour la politique étrangère américaine : un rapprochement, impensable jusqu’à récemment, entre New Delhi et Pékin. Or, inverser ce processus s’avérera extrêmement difficile pour les stratèges de la Maison-Blanche. Le rétablissement des relations entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays ne promet que d’être le point de départ de nouvelles relations. La première étape consistera à rouvrir les échanges commerciaux dans trois cols himalayens et à reprendre les vols directs entre les deux pays, interrompus depuis 2020, ainsi qu’à délivrer des visas pour le tourisme, les affaires et l’information. Ces premiers développements ne représentent qu’une infime partie du potentiel commercial que les deux pays peuvent exploiter, compensant au moins partiellement les effets des droits de douane américains. Même au sein de l’organisation des BRICS, Pékin a déjà exprimé son soutien à l’organisation par l’Inde du sommet de l’année prochaine entre le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud, visant à renforcer les relations commerciales entre ces pays. Une coopération plus étroite entre ces pays, dans les domaines commercial et financier, conduisant à un accord sur une monnaie commune alternative au dollar, pourrait sérieusement compromettre l’économie américaine, qui s’aliène des pays autrefois amis pour des raisons idéologiques ou par opportunisme, renforçant ainsi la position de la Chine comme première puissance industrielle mondiale. Il convient de noter que la proximité de l’Inde avec la Russie est presque acquise, mais l’action américaine la renforce. Son rapprochement avec la Chine est une autre affaire : il représente une véritable nouveauté sur la scène internationale et menace stratégiquement de créer un bloc asiatique fortement hostile aux États-Unis. Depuis la présidence d’Obama, Washington a placé l’Asie au centre de ses intérêts politiques et économiques, au détriment de l’Europe. L’objectif était d’isoler la Chine, une doctrine que Trump adhère également. Cependant, ses actions favorisent un résultat bien différent des intentions initiales. À ce stade, la Chine a la Russie à ses côtés, et le rapprochement de l’Inde prive les États-Unis d’un allié, certes moins proche, qui ne peut compter que sur le Japon et la Corée du Sud dans cette région du monde. L’incompétence de Trump et de son entourage porte un préjudice considérable à la politique étrangère américaine, qui n’est pas encore pleinement comprise au sein des centres de pouvoir américains, désormais fermement aux mains des alliés républicains du président. Avec l’isolement, le programme visant à rendre sa grandeur à l’Amérique échouera, et les dégâts qui en résulteront seront difficiles à réparer, non seulement politiquement, mais aussi économiquement.

Le multilatéralisme entre le Brésil et l’Inde comme modèle pour contrer Trump

En réaction aux politiques tarifaires désastreuses de Trump, l’Inde et le Brésil se rapprochent d’un renforcement des échanges commerciaux entre les deux pays, visant à dépasser 17 milliards d’euros d’ici 2030. Ces développements seraient le résultat d’entretiens téléphoniques entre le Premier ministre indien Narendra Modi et le président brésilien Lula, impliquant ainsi des contacts entre les plus hauts responsables des deux pays. Il convient de noter que les États-Unis prévoient d’imposer une taxe de 50 % sur les marchandises indiennes entrantes en raison des achats de pétrole russe, tandis que la taxe de 30 % que la Maison Blanche envisage d’imposer au Brésil découle de l’inculpation de l’ancien président Bolsonaro. Le moyen concret d’atteindre l’objectif commercial de 17 milliards d’euros est d’avoir convenu d’élargir l’accord Mercosur-Inde, suite à l’accord conclu entre les deux pays lors du récent sommet des BRICS à Rio de Janeiro. Le défi pour le Brésil et l’Inde est de surmonter les phases économiques actuelles et à venir, qui promettent d’être difficiles pour toutes les économies mondiales, grâce à la revitalisation du multilatéralisme et à une plus grande intégration, non seulement entre les deux pays, mais aussi comme modèle à étendre le plus largement possible face à l’isolationnisme de Trump. Cette approche doit représenter l’alternative à suivre comme exemple mondial pour ceux qui souhaitent s’opposer à ce que Trump cherche à imposer : une hégémonie populiste, qui gouverne sur la base de données délibérément déformées et souvent fausses, pour endoctriner une opinion publique dépourvue des outils nécessaires pour discerner correctement les fausses nouvelles. Pour remettre en cause le modèle de Trump, il faut agir simultanément de deux manières : depuis la base, en sensibilisant les citoyens par l’action des organismes sociaux, et depuis le sommet, par des actions concrètes des gouvernements et des institutions. Dans ce contexte, le renforcement de la démocratie est crucial, car les instances de pouvoir centralisées ne favorisent pas le rôle de l’opposition et le respect des minorités. Malheureusement, l’idée qu’une majorité, légitimée par le vote populaire, puisse imposer ses vues sans condition, indépendamment de ceux qui ont voté différemment, gagne de plus en plus de terrain. La prochaine étape consiste à chercher à réduire les inégalités, afin de lutter contre l’ignorance qui favorise la manipulation. Naturellement, sans régulation des ressources technologiques et des nouvelles technologies, atteindre ces objectifs apparaît extrêmement difficile, car ces ressources sont de plus en plus concentrées entre les mains de quelques individus, souvent trop proches des pouvoirs en place. La volonté perverse de Trump a imposé des droits de douane à plus de quatre-vingt-dix pays, faussant le libre-échange et compromettant le développement des économies mondiales. Créer une coalition de tous les pays ciblés par Trump semble impossible, car nombre d’entre eux sont profondément conflictuels. Pour d’autres, le problème réside dans une servilité envers les États-Unis, perçue à tort comme une opportunité de relations privilégiées. En revanche, des accords de grande envergure, comme celui entre le Brésil et l’Inde, capables de créer des marchés alternatifs à la domination américaine, semblent possibles. Il convient également de noter que, pour l’instant, les effets de ces droits de douane ne se sont pas encore fait sentir aux États-Unis, mais des estimations fiables prévoient une augmentation moyenne des prix pour les citoyens américains due aux droits de douane de plus de 18 %, créant une situation inédite depuis 1934. Cela risque de réserver de mauvaises surprises au président américain, car la personne concernée sera précisément une partie de son propre électorat, une partie qu’il sera impossible de tromper avec de la propagande mensongère. Ce sera un test qui risque d’être très sévère en termes d’approbation et d’appréciation des politiques actuelles de la Maison Blanche et pourrait représenter un facteur de déstabilisation à ne pas sous-estimer. Cela facilitera le succès de toute politique visant à unir plusieurs pays contre les droits de douane et la vision du monde de Trump. À l’inverse, sans unité d’objectif au niveau des États, la voie de Trump sera plus difficile à suivre.