Le retrait des Russes du Kazakhstan n’est pas trop sûr

L’actuel président du Kazakhstan a déclaré que la situation dans le pays était revenue à la normale et a nommé un nouveau Premier ministre, qui ne tombe pas sous l’influence du président précédent. La stabilisation du pays devrait conduire au retrait des troupes étrangères présentes sur le territoire kazakh, appartenant à l’Organisation du traité de sécurité collective, à laquelle adhèrent l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie et le Tadjikistan. Les manifestations avaient commencé le 2 janvier en raison de l’augmentation du carburant et avaient révélé l’état de profonde crise sociale, politique et économique dans le pays, symptôme d’un mécontentement généralisé qui s’est manifesté par de grandes manifestations, violemment écrasées par les forces de police, à qui avait été autorisé à tirer directement dans la foule. Les manifestations avaient été qualifiées d’épisodes de terrorisme de la part de puissances étrangères non identifiées et étaient fonctionnelles à l’action russe pour réitérer que le pays kazakh ne pouvait échapper à l’influence de Moscou, qui, par ailleurs, craignait une répétition du cas ukrainien. La répression contre les manifestants a été bénie par Pékin comme un moyen d’éliminer les manifestations, peut-être une tentative de justifier par analogie, son action à Hong Kong et contre la population musulmane chinoise. Le président du Kazakhstan a souligné la nécessité de l’intervention des troupes russes et d’autres pays alliés pour rétablir l’ordre dans le pays face à la dangereuse menace terroriste, mal identifiée, qui menaçait de conquérir le principal centre économique du pays, Almaty ; ce qui aurait eu pour conséquence la perte de contrôle de l’ensemble du Kazakhstan. Selon le président kazakh, les troupes étrangères alliées devraient quitter le pays dans les dix jours. En réalité, il sera intéressant de vérifier si ces délais sont respectés : la peur russe d’un pays dérive vers l’Occident ne semble pas coïncider avec un retrait brutal des troupes de Moscou, surtout après l’effort fait pour réprimer la protestation kazakhe ; un séjour de seulement dix jours ne permettrait pas de contrôler efficacement l’évolution d’une situation de mécontentement qui représente bien plus qu’un mécontentement économique. Définir la protestation comme une émanation étudiée d’un plan terroriste, sans en désigner expressément les instigateurs, revient à la définir comme une sorte de tentative de subversion du pays de l’intérieur. Que ces instincts soient tout à fait vrais a peu d’importance pour la Russie, qui doit réitérer son contrôle quasi total sur ce qui est désormais défini comme sa propre zone d’influence, bien délimitée et absolument plus sujette à des variations négatives. Après tout, Poutine lui-même a approuvé la théorie terroriste du président kazakh, comme justification de l’intervention armée qu’il a lui-même planifiée. Sur le total de 2 300 soldats employés, le fait que la majorité soit russe semble assez significatif ; cependant, les besoins réels du pays sont clairement présents pour le nouveau gouvernement du Kazakhstan, qui entend promouvoir des programmes visant à promouvoir la croissance des revenus et à rendre un système fiscal plus équitable là où il y a de graves inégalités ; cependant, parallèlement à ces intentions, une augmentation des effectifs de la police et de l’armée est prévue pour mieux protéger la sécurité du pays. Ces intentions semblent réfuter l’hypothèse terroriste, utilisée uniquement pour la préservation du régime russe et d’intervention, mais admettent la présence de difficultés internes, difficultés qui pourraient potentiellement permettre de sortir de la zone d’influence russe notamment en présence d’un retournement démocratique, tentative auparavant réprimée à plusieurs reprises au niveau local sans intervention extérieure. Le besoin d’aide russe montre à quel point le pays a la capacité et la volonté de chercher une alternative à la situation actuelle. Ces prémisses placent le pays kazakh au centre de l’attention non seulement de l’intérêt évident de la Russie, mais aussi de l’Occident et du monde entier, car il peut déstabiliser la région et le contrôle russe ; cela implique un nouveau front de frictions possibles avec les USA, certainement peu disposés à accepter l’avertissement de Moscou dans une tonalité anti-ukrainienne, où la tension est destinée, également pour ce précédent, à atteindre une situation limite.